
Un graphique de robots d'indexation transformé en preuve que les opposants sont des bots : rétablissons les faits.

« Il y a moins de bots depuis les frappes sur Yandex. »
Regardons ce qui est réellement mesuré.
Les frappes ukrainiennes ont touché trois data centers de Yandex, le « Google russe ».
Yandex lui-même a reconnu des pannes.
La donnée citée : une baisse de 94 % à 99 % du trafic automatisé venant du réseau de Yandex, mesurée par Cloudflare Radar.
Mais ce trafic, c'est quoi ?
Le robot d'indexation de Yandex, comme Googlebot chez Google.
Pas des comptes sur X.
Pas des faux profils politiques.
La BBC parle d'une mauvaise lecture des données.
Netzpolitik, Numerama, The Verge et RFE/RL disent la même chose.
Et la chaîne s'emballe :
Étape 1 : un robot d'indexation russe s'arrête. Vrai.
Étape 2 : « ce sont les bots pro-Trump ». Non démontré.
Étape 3 : « Elon Musk perd 100 millions d'abonnés ». Faux : il en a toujours environ 241,5 millions.
Le graphique de ce dernier post n'a aucun rapport avec les abonnés, et il a déjà 1,1 million de vues.
Posons les questions.
Pourquoi transformer un graphique de robots d'indexation en preuve que ses opposants sont des bots ?
Pourquoi certains médias titrent-ils « les bots pro-Trump s'effondrent » sans réserve ?
Qui a intérêt à faire croire que le soutien en ligne à Trump est truqué ?
Mon hypothèse :
Quand on ne peut plus gagner la bataille des faits, on déclare que l'adversaire n'est qu'un robot.
Rétablissons la vérité.
Sources
RFE/RL : les experts jugent la preuve faible
Netzpolitik : pas de panne de bots pour l'AfD
